L'ANACR (Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance), réunie en Congrès National à Agen, du 22 au 24 octobre 2010, exprime son accord avec le communiqué de l'UFAC (Union Fédérale des Anciens Combattants) du 14 décembre 2009 qui fait part de "son inquiétude quand au projet gouvernemental de supprimer l'enseignement de l'Histoire en Terminale S, section prestigieuse s'il en est, puisqu'elle ouvre les voies à la future élite de la Nation[...] Il n'est pas possible d'envisager un seul instant qu'il soit formateur de priver les futurs cadres de notre Pays d'un enseignement de l'Histoire. Celui-ci est de plus en plus nécessaire au regard de la mondialisation et de la circulation extrêmement rapide et fugace des informations. La jeunesse a le droit et le devoir de connaître son passé pour comprendre le présent et préparer son avenir en toute connaissance de cause".
Comme l'a souligné le Rapport du Bureau National de l'ANACR présenté en ouverture de ses travaux, la méconnaissance de l'Histoire et de ses enseignements, ou la volonté délibérée de les ignorer, ont des conséquences graves dans la France, l'Europe, et le Monde d'aujourd'hui.
Elles contribuent à permettre la résurgence des idéologies criminelles que l'on aurait pu croire définitivement vaincues en 1945. A la faveur de la crise économique, sociale, politique et morale que nos sociétés connaissent, elles retrouvent une audience en France et en Europe. Elles favorisent les entreprises liberticides qui se multiplient, les manifestations de racisme et de xénophobie.
L'ANACR entend combattre l'oubli, la méconnaissance et la négation de ce que fut le fascisme au pouvoir. L'ANACR reste fidèle à sa mission en recueillant la mémoire des Résistants qui combattirent le fascisme, en transmettant cette Mémoire aux générations contemporaines et futures, en luttant contre le brouillage officiel des dates qui structurent la mémoire historique.
C'est pourquoi l'ANACR se prononce non seulement pour le maintien mais surtout pour le développement du Concours National de la Résistance et de la Déportation, en l'étendant dans des formes appropriées dans les écoles, aux élèves du cours moyen. Elle se prononce aussi pour qu'une place conséquente soit consacrée à la Seconde Guerre Mondiale, au fascisme et à la Résistance dans les manuels et les programmes scolaires, et dans la formation des enseignants.
C'est pourquoi l'ANACR poursuivra inlassablement - et là encore avec
l'UFAC- jusqu'à son instauration officielle, sa bataille en faveur de la Journée Nationale de la Résistance le 27 mai (création en 1943 du CNR Conseil National de la Résistance), moment privilégié de la transmission de la Mémoire aux jeunes générations.
C'est pourquoi l'ANACR s'attachera à faire connaître le plus largement possible ce que fut le rôle de la Résistance dans la Libération de notre pays, ce que furent les Valeurs que défendirent les Résistants et qui s'expriment essentiellement dans le programme du Conseil National de la Résistance (CNR). C'est pourquoi l'ANACR poursuivra sa campagne pour que l'on retire des murs de nos villes les noms des collaborateurs qui les souillent encore, tels ceux d'Alexis Carrel, ou Georges Claude, qu'aucun autre ne leur soit ajouté
comme certains envisagent de le faire, et que l'on honore un plus grand nombre de Résistant(e)s injustement oublié(e)s.
Pour mener ce combat de la Mémoire qui est celui de l'Honneur de notre Pays, de la République, de la Liberté et de l'Humanisme, le Congrès d'Agen de l'ANACR décide :
- De recenser les travaux de l'ANACR aux plans national et départemental sur l'histoire de la Résistance dans la Seconde Guerre Mondiale, en utilisant notamment les ressources de l'Internet.
- De réaliser au plus vite une Exposition Nationale consacrée à la Résistance, au CNR et à son programme.
- De réunir en 2011 une journée d'étude consacrée aux Festivals du film de la Résistance, Journées ou Semaines de la Résistance, Parcours ou Chemins de Mémoire de la Résistance, afin d'en mutualiser et élargir les expériences.
- D'envisager pour 2012 un colloque des Historiens membres ou proches de l'ANACR sur leur rôle dans l'étude, l'écriture et la transmission de l'Histoire de la Résistance.
- D'envisager la faisabilité d'une rencontre internationale en coopération avec la Fédération Internationale des Résistants, consacrée à la Résistance en Europe et aux résurgences du fascisme.
Ainsi sera réalisé, dans la mesure de nos possibilités, ce travail de Mémoire, d'Histoire et de Civisme, qui plus que jamais est notre raison d'être, au service de la démocratie, de la dignité humaine et de la paix.